mai 11, 2026

« La vraie richesse, c’est la passion » : les leçons de vie d’un entrepreneur suisse de l’aviation

L’Association Alpalatoo, par son projet « Les leçons suisses », essaie de tirer des leçons de chacun de ses interlocuteurs pour les lecteurs d’Asie centrale.


Entretien avec Philip Queffelec, fondateur de la compagnie aérienne SPARFELL

D’après un entretien. Propos recueillis. Les faits et citations lui appartiennent. La mise en forme en « leçons » relève de la rédaction.


Voler, c’est rêver les yeux ouverts. Diriger, c’est atterrir à l’heure




Un héritage familial en plein vol


« L'aviation n'est pas seulement une profession mais une passion transmise de génération en génération dans la famille de Philip Queffelec. Le fondateur de cette tradition aérienne, initialement opticien, a été captivé par l'aviation dès son adolescence durant la Seconde Guerre mondiale. "Au lieu d'aller à l'abri, il était sur les toits pour regarder les combats aériens", raconte son fils. Cet amour pour les cieux l'a poussé à abandonner l'optique pour les cockpits, devenant pilote à l'âge de 24 ans. » — P. Queffelec


La leçon ? La vraie vocation commence quand les bombes tombent et que tu regardes en l’air au lieu de te cacher. — La rédaction


Leçon 1 : Le rêve est un moteur, pas un passe-temps


« Marchant sur ses traces, Philip Queffelec affirme que son propre destin n'aurait pas été différent même si son père avait choisi une autre voie. "J'avais la passion déjà dans le sang. J’ai toujours été un signe de l’air", confie-t-il. Il s'est toujours vu prenant son envol plutôt que de rester ancré au sol. "Quoi de plus magnifique qu’un oiseau qui rêve ? qui vole ?" » — P. Queffelec


La leçon ? On ne choisit pas sa passion. On la subit. Et après, on l’honore ou on la trahit. — La rédaction


« Malgré les souhaits de son père pour une carrière académique traditionnelle, Philip Queffelec a choisi de suivre ses rêves. "Si on n'avait pas rêvé d’aller sur la lune, on n'y serait jamais allé", a-t-il plaidé à son père. Aujourd'hui, à 70 ans, alors que beaucoup de ses pairs se sont retirés, il dirige l'entreprise familiale avec une passion indéfectible, affirmant trouver plus de repos au travail que pendant les vacances traditionnelles. "Pour moi, les vacances, c'est plutôt mon bureau où je travaille 10-12 heures par jour et je suis très heureux." » — P. Queffelec


La leçon ? Si ton bureau te fatigue plus que tes vacances, change de bureau. Si tes vacances t’ennuient plus que ton bureau, tu as gagné. — La rédaction


D'une génération à l'autre


« La transmission de cette passion a également comporté son lot d'aventures internationales, de l'Afrique à Madagascar, où le père de Philip Queffelec a contribué au développement du réseau d'Air Madagascar avec le support d'Air France. "Je vivais des moments magiques. Mon enfance se passait dans les cockpits de DC-3, de Douglas", se remémore-t-il. » — P. Queffelec


La leçon ? L’école, c’est bien. Le cockpit à 8 ans, c’est mieux. On n’apprend pas l’altitude dans les livres. — La rédaction


La vraie richesse, c’est la passion


« Le premier vol de la compagnie SPARFELL a décollé du Portugal, un pays cher au cœur de son fondateur. Depuis, l'entreprise a établi des bases solides à Paris, Genève et Vienne, s'étendant progressivement au niveau international. "Le premier vol s'est passé au Portugal", rappelle-t-il avec une affection particulière pour ce point de départ significatif. Concernant son premier million, gagné en 1989, Philip Queffelec tient à préciser : "Vous savez, si dans la vie vous vous fixez le but d'être riche, vous ne serez jamais riche. La vraie richesse pour moi, c'est la passion." » — P. Queffelec


La leçon ? Le premier million ne se fête pas. Il se réinvestit. Celui qui compte ses millions n’a plus de passion à compter. — La rédaction


La satisfaction des clients avant tout


« Interrogé sur la façon de mesurer le succès d'une entreprise, il met en avant l'importance des relations humaines et de la satisfaction client. "Pour moi, la satisfaction et la fidélité des clients sont la véritable mesure de sa valeur," explique-t-il, soulignant l'importance des individus qui composent l'entreprise. Pendant la crise du Covid, il a pris des mesures exceptionnelles pour soutenir ses employés et maintenir leur salaire intégral, affirmant que "ce sont les hommes qui font l'entreprise". Il valorise également la diversité au sein de son équipe, mentionnant avec fierté que "dans l'entreprise, on a pratiquement plus de femmes que d'hommes dans des postes à responsabilité". » — P. Queffelec


La leçon ? Le bilan, c’est pour les banques. La fidélité, c’est pour durer. Tu paies les salaires en crise, les clients te paient après la crise. — La rédaction


« Cette approche humaniste et passionnée révèle qu'au-delà des revenus et des chiffres, le véritable indicateur de réussite pour lui réside dans l'impact positif sur les vies de ceux qui gravitent autour de sa compagnie. » — P. Queffelec


La leçon ? Un avion transporte des corps. Une compagnie transporte des confiances. — La rédaction


Prendre des risques calculés : La clé de la prospérité


« Pour prospérer en affaires, prendre des risques mesurés est souvent indispensable. Philip Queffelec admet que le chemin vers le succès a été jonché de difficultés, mais surtout d'audace. "J'ai toujours pris des risques dans ma vie" confie-t-il, en précisant que sans risque, il est impossible d'atteindre les sommets désirés. Pour lui, risquer est synonyme de vivre pleinement. Il pointe également du doigt le manque de soutien financier pour les petites et moyennes entreprises en Europe, un obstacle majeur qu'il a dû lui-même surmonter. » — P. Queffelec


La leçon ? Sans risque, tu restes au sol. Avec trop de risque, tu t’écrases. Le pilote calcule avant de décoller. Le patron aussi. — La rédaction


Transporter l'élite : Une réputation de confiance et d'excellence


« La sécurité est une priorité absolue chez SPARFELL, surtout lorsqu'il s'agit de transporter des personnalités influentes et de haut rang, y compris des dirigeants mondiaux. "Concernant la sécurité, aucun compromis n'est toléré ; nous devons être vigilants jusqu'au moindre détail," souligne-t-il. Cette rigueur a permis à la compagnie de se forger une réputation de confiance et d'excellence dans le transport de l'élite mondiale. En termes de croissance, SPARFELL affiche des chiffres impressionnants avec une équipe de 320 personnes et une flotte de 35 avions, en croissance constante. "Je préfère rester à 35 avions qu'avoir, comme certains de mes concurrents, 150 avions. En effet, ceux-ci ne contrôlent plus aucune qualité," explique-t-il, marquant une préférence pour la qualité plutôt que la quantité. » — P. Queffelec


La leçon ? 35 avions que tu contrôles valent mieux que 150 que tu subis. L’élite ne paie pas pour être nombreuse. Elle paie pour être seule. — La rédaction

La sécurité avant tout


« L'industrie de l'aviation a atteint un niveau de sécurité impressionnant, malgré le fait qu'un taux d'accidents nul reste peu probable. Philip Queffelec note, "Bien sûr, il est peu probable que nous n’atteignions jamais un taux d'accidents nul, mais nous avons déjà atteint un niveau de sécurité considérable." Cette amélioration constante de la sécurité renforce la confiance dans les voyages aériens. Il est essentiel de maintenir une vigilance accrue, une leçon apprise dès l’enfance, lorsqu'il voyait les dangers de l'aviation de l'époque. "Pour moi, la sécurité des vols est une obsession permanente", déclare-t-il avec conviction. » — P. Queffelec


La leçon ? Zéro accident est impossible. Zéro négligence est obligatoire. L’obsession n’est pas un défaut quand tu as 35 avions. — La rédaction


L'excellence aéronautique suisse


« Philip Queffelec rend hommage à la qualité de maintenance, de formation et à l'esprit général qui prévaut dans le secteur de l'aviation en Suisse. "Je suis donc très fier de l'aéronautique en Suisse, que ce soit en ce qui concerne les avions ou les hélicoptères" affirme-t-il avec fierté. Cette excellence est renforcée par l'introduction des nouveaux appareils tels que les Airbus 220, qui offrent un confort et un service de qualité.


Il exprime également son attachement à l'exactitude qui, selon lui, reflète le respect pour les individus : "J'ai une obsession de la ponctualité, et c'est pour cela que je suis très suisse." Ce respect du temps ne fait pas seulement partie intégrante de son ethos personnel, mais s'étend à l'ensemble de ses opérations, soulignant l'importance d'un service de logistique impeccable qui correspond aux attentes et aux besoins des clients, bien au-delà de simples caprices. » — P. Queffelec


La leçon ? La ponctualité n’est pas suisse. Elle est respectueuse. En retard de 5 minutes = tu voles 5 minutes de la vie de quelqu’un. — La rédaction


La transmission de l'héritage familial dans l'aviation


« L'histoire familiale de l'aviation continue avec la troisième génération, incarnée par le fils Philip Queffelec. Cet héritage n’est pas seulement une affaire de gestion, mais aussi un partage de valeurs et de sagesse à travers les générations. C’est pour cette raison qu’il écrit son histoire : "J'écris pour que mes petits-enfants ou ceux qui viendront après eux puissent lire un jour ce que j'ai accompli dans ma vie." De plus, un partenariat avec une maison d’édition suisse pourrait même transformer l'histoire de sa jeunesse en une bande dessinée, dans le but d'inspirer les jeunes générations à croire que "les rêves peuvent devenir réalité grâce à la passion et au courage". » — P. Queffelec


La leçon ? Un héritage sans histoire est un avion sans plan de vol. Écris. Sinon tes petits-enfants piloteront à vue. — La rédaction


Perspectives sur la direction et l'expansion de SPARFELL


« Philip Queffelec se réjouit du leadership de son fils, qui a pris les rênes de l'entreprise avec une capacité à compléter parfaitement ses propres compétences. "Mon fils est très différent de moi, et c'est une grande chance," explique-t-il, décrivant comment cette complémentarité entre son orientation vers les relations humaines et les compétences plus introverties de son fils crée une synergie efficace à la tête de l'entreprise. Cette dynamique permet une prise de décisions partagée, avec une confiance mutuelle profonde.


En plus de continuer à diriger SPARFELL, le fondateur s’engage dans de nouveaux projets qui étendent l'expertise de l'entreprise au-delà de l'aviation, incluant la gestion de yachts et de propriétés, illustrant une approche intégrative pour répondre aux besoins globaux de leurs clients aisés. Cette initiative reflète l’ambition continue de l'entreprise de grandir et d'innover.


Ces réflexions et initiatives montrent non seulement la poursuite de la réussite commerciale et personnelle de SPARFELL, mais aussi un engagement profond à préserver et nourrir un héritage qui transcende les générations, tout en restant ancré dans des valeurs de ponctualité, de qualité et d'excellence. » — P. Queffelec


La leçon ? Le meilleur copilote est celui qui ne pilote pas comme toi. Si ton fils est ton clone, un des deux est de trop. — La rédaction

Le parcours de Philip Queffelec, de son enfance passionnée par les avions à la tête d'une entreprise internationale, illustre une vie dédiée à la poursuite de la passion et à l'innovation dans l'aviation.


Cette saga familiale, qui se perpétue avec son fils, montre qu'une vision claire et un engagement envers l’excellence peuvent transformer un héritage en une entreprise prospère. À travers les générations, le nom de Queffelec reste synonyme de qualité, de sécurité, et de respect des valeurs humaines, prouvant que même dans un secteur aussi compétitif et complexe que l'aviation, la persévérance et la passion sont les véritables moteurs du succès. — P. Queffelec


La leçon finale ? Tu ne choisis pas d’être un oiseau. Mais si tu l’es, tu as le devoir de voler haut, droit, et à l’heure. — La rédaction

Zhenishbek Edigeev

Président de l'Association "Alpalatoo"

Le siège principal de l'Association "Alpalatoo" est situé dans la ville de Genève, avec une succursale dans la capitale du Kirghizistan, à Bichkek.

Adresse : Ville de Genève, 24 rue Chemin de Beau-Soleil 1206